Mé 67 : se souvenir, pour ne pas oublier
Chaque 26 mai, la Guadeloupe se souvient des tueries de mai 1967. Retour sur une mémoire longtemps occultée.
Le 26 mai 1967, une grève des ouvriers du bâtiment pour une augmentation de salaire de 2,5 % dégénère à Pointe-à-Pitre. Les forces de l'ordre tirent à balles réelles sur les manifestants. Jacques Nestor, militant du GONG âgé de 26 ans, est la première victime, abattu vers 15h30 sur la place de la Victoire.
Les jours suivants, la répression se généralise. Le bilan officiel fait état de 7 à 8 morts. Les historiens estiment le nombre réel de victimes — morts, blessés et disparus — entre 80 et 200.
Une vérité longtemps enfouie
Pendant des décennies, ces événements sont restés dans l'ombre. Ce n'est qu'en avril 2016 que le rapport du commissaire Gévaudan, rédigé en avril 1967, a été déclassifié. Ce document démontrait pourtant, dès l'époque, l'absence de responsabilité directe du GONG dans le déclenchement des émeutes.
Aujourd'hui, le 26 mai est devenu une date de commémoration. La stèle de Delgrès au Matouba reste un lieu de mémoire lié à l'histoire du mouvement.
« Les générations futures se doivent de continuer le combat [...] de telle sorte qu'un jour notre pays et les Guadeloupéens soient libérés des ventouses tentaculaires et séculaires qu'est le colonialisme français. » — Serge Glaude, co-fondateur du GONG