Après le GONG

De la mémoire du GONG à la mémoire de ses héritiers

Le GONG (Groupe d'organisation nationale de la Guadeloupe), fondé à Paris en juin 1963, a été frappé de plein fouet par la répression des événements de mai 1967 puis par les procès de 1968 : il disparaît de facto en 1968 [16][67]. Mais l'idée qu'il portait — « le droit du peuple guadeloupéen à disposer de lui-même » — n'a pas disparu avec lui. Dans les deux décennies qui suivent, d'anciens militants du GONG et une nouvelle génération de patriotes construisent, sur les cendres de l'organisation, tout un paysage de mouvements : syndicats ouvriers, partis politiques, groupes armés, radios libres, collectifs culturels.

Cette section du site prolonge le dossier consacré au GONG en racontant ce qui est venu après : la recomposition clandestine des années 1968-1970, le « syndicalisme national » de l'UTA et de l'UGTG, la fondation de l'UPLG en 1978, la lutte armée du GLA puis de l'ARC au temps des « Nuits bleues », l'amnistie de 1989, la réorientation politique des années 1990, la grande grève du LKP en 2009 et la révolte de 2021-2022. Elle repose sur des sources académiques, journalistiques et archivistiques citées dans chaque page, dans le même esprit que le reste du site.

Une filiation revendiquée

L'UPLG, fondée en décembre 1978, se présente explicitement comme l'héritière du GONG [15][9]. Le syndicalisme national, né avec l'Union des travailleurs agricoles (UTA) en décembre 1970, est porté par d'anciens cadres du GONG et du CPNJG associés à des exclus du PCG [8][62]. Même la mouvance armée des années 1980 se réclame de la même matrice : Luc Reinette, chef de file du GLA puis de l'ARC, prolonge la revendication d'indépendance par d'autres moyens [11]. En 2009, la grève générale du LKP renoue avec cette histoire : son porte-parole, Élie Domota, dirige l'UGTG, syndicat « dirigé depuis son origine par des militants issus du mouvement indépendantiste » [30].

Avertissement méthodologique

Comme pour le reste du dossier, cette section distingue les faits solidement établis (par plusieurs sources indépendantes) des points encore discutés ou mal documentés, signalés comme tels dans le texte. L'histoire du mouvement indépendantiste guadeloupéen a longtemps été écrite par ses adversaires ou par ses protagonistes : chaque témoignage militant est ici présenté comme tel. Un rapport de vérification détaille les corrections apportées aux versions antérieures de ce travail.

Sources

  1. https://histoire-sociale.cnrs.fr/naissance-du-syndicalisme-national-guadeloupeen-1970-1978/
  2. https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-actuelle-1993-guadeloupe-les-nationalistes-a-la.html
  3. https://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Reinette
  4. https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_populaire_pour_la_lib%C3%A9ration_de_la_Guadeloupe
  5. https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_d%27organisation_nationale_de_la_Guadeloupe
  6. https://afriquemagazine.com/elie-domota-l-anti-pwofitasyon
  7. https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/documents-archives-la-revue-lutte-de-classe-serie-1986-1993-trilingue-article-le-parti-communiste-guadeloupeen.html
  8. https://www.vie-publique.fr/files/rapport/pdf/164000717.pdf
Schéma des filiations du mouvement indépendantiste guadeloupéen après 1968
Schéma des filiations du mouvement indépendantiste guadeloupéen après 1968