19 février — 1er mars 1968 · Paris
Le procès des 18
Un tribunal d'exception
Cour de sûreté de l'État (Paris). Tribunal d'exception créé en 1963 pour juger les responsables de l'OAS. Dissous en 1981. Dans la seconde moitié des années 1960, se réoriente vers la répression du gauchisme et de l'indépendantisme.
L'accusation : Atteinte à l'intégrité du territoire français, complot contre l'État et l'unité de la nation.
Les accusés
18 Guadeloupéens accusés d'atteinte à l'intégrité du territoire français. Noms identifiés dans les sources :
- Pierre Sainton (Dr, fondateur du GONG)
- Serge Glaude (co-fondateur du GONG)
- Louis Théodore (membre du GONG)
- Kelly
- Gérard Lauriette
- Antoine Marguerite
- Roland Minatchy
- Saturnin Nicolo
- Michel-Théodore
La liste complète des 18 accusés n'est pas entièrement documentée dans les sources accessibles. Les noms ci-dessus sont ceux identifiés dans les sources consultées.
Sartre et Césaire à la barre
La défense fait citer des figures majeures de la pensée anticolonialiste :
- Jean-Paul Sartre (philosophe, écrivain)
- Aimé Césaire (poète, homme politique martiniquais)
- Représentant de la Ligue des Droits de l'Homme
Avocats : Me Henri Leclerc (barreau de Paris), Autres avocats du barreau de Paris, Avocats guadeloupéens.
Le verdict
Jugement considéré comme une victoire politique par les militants, l'accusation n'ayant pas réussi à réunir de preuves.
Ce que le procès a révélé
- L'absence de responsabilité du GONG dans les événements est démontrée par deux rapports policiers (17 avril et 17 juin 1967) du commissaire Gévaudan.
- Le rapport d'avril 1967 n'a été déclassifié qu'en avril 2016.
- L'inculpation est due à l'obstination du préfet Pierre Bolotte et des services de Jacques Foccart.
- Un dirigeant du GONG montre à la barre que la charte de l'organisation ne contenait ni appel au séparatisme ni appel à la violence.
Sources : Contretemps (Zancarini-Fournel), Europe-Solidaire, La1ère, Critical-Stages, Archives nationales 5W/734.