26 — 28 mai 1967 · Pointe-à-Pitre

Mé 67

Comment tout a commencé

Le contexte social. Grève des ouvriers du bâtiment pour une augmentation de salaire de 2,5 %. Chômage croissant, émigration massive.

L'étincelle raciste. Agression raciste d'un ouvrier guadeloupéen par un patron béké (responsable local de l'UNR gaulliste) qui demande à son chien « Dis bonjour au nègre ! »

Le contexte politique. Élections législatives de mars 1967 marquées par des fraudes. Le préfet Pierre Bolotte (venant d’Algérie) accuse le GONG et les communistes.

L'arrière-plan international. Contexte de décolonisation. Indépendance de l'Algérie (1962). Mouvements de libération en Afrique. Révolution cubaine.

Trois jours de répression

  1. 26 mai

    Manifestation à Pointe-à-Pitre. Les forces de l'ordre (deux escadrons de gendarmerie déployés par le préfet Bolotte) tirent à balles réelles. Jacques Nestor (GONG) est la première victime, abattu vers 15h30.

  2. 27 mai

    Les émeutes s'étendent. Nouveaux morts.

  3. 28 mai

    Répression généralisée. Terreur dans la population.

Le bilan

7–8morts (bilan officiel)
80–200victimes (estimations des historiens)
30+blessés

Des blessés transportés dans les hôpitaux en Martinique ne sont jamais revenus. Les gens enterrèrent leurs morts en catimini. La terreur allait perdurer quarante années.

Quel a été le rôle du GONG ?

Le GONG a soutenu les revendications ouvrières et participé à la mobilisation. Mais l'enquête a établi que les émeutes étaient spontanées.

  • Soutien actif aux revendications ouvrières
  • Distribution de tracts appelant à la mobilisation
  • Participation de militants à la manifestation du 26 mai
  • Tentative de politisation du mouvement social

La controverse. Les autorités françaises ont initialement pensé que l'insurrection avait été fomentée par le GONG, mais il est apparu après enquête que les émeutes étaient spontanées.

Le commissaire divisionnaire Gévaudan conclut : « les investigations qui ont été menées à Pointe-à-Pitre n'ont pu apporter la preuve de la responsabilité directe du GONG dans la préparation, l'organisation et l'exécution des manifestations de rues des 26 et 27 mai 1967. »
— Commissaire divisionnaire Honoré Gévaudan, rapport de 1967

Une élimination préméditée ? Selon Claude Makouke (membre du GONG), le gouvernement a utilisé la grève comme prétexte pour éliminer le GONG : « ce n'était pas ça l'objectif du colonialisme : c'était de faire traîner le mouvement de grève de manière à ce que les ouvriers et le peuple même se soulèvent, que le GONG vienne apporter son soutien et on en aurait profité pour l'éliminer. »

Sources : Wikipedia FR (Émeutes de mai 1967), LDH France, Hypothèses.org, Contretemps.